BIP. BIP. BIP.
Une voix mécanique et automatisée résonna dans la maison : « Porte d’entrée ouverte. Code d’accès invité activé. »
Bruno se figea, sa prise sur mon poignet se relâchant légèrement. « Qu'est-ce que c'est que ça ? Qui est-ce ? Tu as invité quelqu'un ? »
« Non », ai-je murmuré en retirant ma main de son emprise et en laissant tomber le stylo.
Des pas lourds et précipités dévalèrent les escaliers. Mais ce n'était pas le bruit d'une seule personne. On aurait dit une bousculade.
Avant que Bruno puisse se lever de sa chaise, la porte du bureau s'ouvrit violemment.
Chloé Vance se tenait sur le seuil. Ses cheveux étaient complètement décoiffés, son maquillage coûteux avait coulé sur son visage pâle, et elle serrait contre sa poitrine un sac à main de marque comme un bouclier. Elle tremblait violemment, les yeux écarquillés d'une terreur absolue.
« Bruno ! » hurla Chloé, sa voix se brisant en un sanglot paniqué. « Bruno, il faut qu'on y aille ! Il faut qu'on parte tout de suite ! »
Bruno se leva, sa confusion se muant en colère. « Chloé ? Qu'est-ce que tu fais là ?! Je t'avais dit de ne jamais venir à la maison ! Arthur est là, on est en plein milieu de… »
« Je me fiche de ce papier ! » hurla Chloé en entrant dans la pièce et en saisissant les revers de la veste de Bruno. « La police vient de perquisitionner le siège social ! Ils ont tout, Bruno ! Ils ont les comptes offshore, les faux dossiers médicaux, les faux documents de fiducie… absolument tout ! »
Bruno pâlit, la mâchoire décrochée. « Quoi ? C'est impossible ! Qui aurait pu leur donner accès au serveur sécurisé ? Il n'y a que toi et moi qui avons les clés ! »
Chloé tourna lentement la tête, ses yeux embués de larmes et emplis de venin se posant sur moi. Elle leva un doigt tremblant et le pointa droit sur mon visage.
« Elle », murmura Chloé, la voix tremblante d'une rage ancestrale. « La femme de ménage. Elle n'a pas seulement nettoyé ton bureau, Bruno. Elle utilise tes identifiants d'administrateur depuis trois semaines grâce au routeur Wi-Fi intégré de l'aspirateur intelligent. Les fédéraux ne viennent pas seulement pour l'argent, Bruno… »
Chloé déglutit difficilement, une sueur froide perlant sur son front tandis qu'elle regardait vers la fenêtre ouverte.
« Ils ont fait venir une équipe de police scientifique. Ils sont en train de fouiller le jardin. Ils ont retrouvé votre première femme. »
